Serge Winogradsky (1856-1953)

  • Serge Nicolaevitch Winogradsky (1856-1953) est un microbiologiste russe, né à Kiev (Ukraine, Russie), le 01/09/1856. Son père est haut fonctionnaire et terminera sa carrière comme directeur de banque à Kiev. Le dernier tiers de la longue vie et de l’oeuvre de Serge N. Winogradsky a pour cadre la ville de Brie-Comte-Robert, en France, où il a travaillé dans la filiale de l’Institut Pasteur, de 1922 jusqu’à sa mort le 24/02/1953.
Repères chronologiques
  • 1873-1877 Après ses études secondaires au Gymnase de Kiev, Serge Nicolaevitch Winogradsky s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Kiev qu'il abandonne bientôt pour la faculté des sciences de la même ville où il reste deux années. Entre ensuite au Conservatoire impérial de Saint-Pétersbourg dans la classe de piano de Leshetitsky. Après le départ de son maître pour Vienne, il quitte le conservatoire.
  • 1877 Regagne la Faculté des sciences de Saint-Pétersbourg pour suivre l'enseignement du botaniste Famintzin.
  • 1879 Epouse Mlle Zinaida Alexandrovna Tichotzkaia avec laquelle il aura quatre filles.
  • 1884 Termine ses études à l'université après avoir passé les examens de maîtrise en botanique et chimie ; ce ne sera qu'en 1892-1893, par décision du conseil de l'université de Kharkov, qu'il obtiendra le titre de docteur en botanique (sans avoir soutenu de thèse) ; séjourne quelque temps en Crimée où il installe un petit laboratoire à son domicile pour y continuer ses recherches, à l'aide de la microscopie.
  • 1885-1888 Quitte la Russie pour entrer comme stagiaire dans le laboratoire de botanique de l'université de Strasbourg, dirigé par le mycologue A. de Bary. Il y étudie les bactéries, en particulier celles des eaux sulfureuses. Elucide le rôle des granules de soufre colloïdal, contenus en grande quantité dans les cellules de ces bactéries, en montrant que le soufre provient de l'oxydation de l'hydrogène sulfuré qui tient lieu de source d'énergie. Cette transformation chimique apparaît comme l'équivalent énergétique de l'acte respiratoire. Ce phénomène, appelé plus tard la chimiosynthèse, fut reconnue par ses pairs comme une découverte majeure d'un nouveau mécanisme physiologique vital. Etablit par analogie la capacité de chimiosynthèse chez les ferrobactéries.
  • 1888-1891 Après le décès de A. de Bary, retourne quelques mois en Russie, puis rejoint l'Institut polytechnique, à l'université de Zurich, où il poursuit ses travaux sur les bactéries nitrifiantes. Démontre que le groupe des bactéries nitrifiantes assimilent l'acide carbonique par chimiosynthèse, mécanisme physiologique comparable à l'assimilation chlorophyllienne par photosynthèse.
  • 1890-1891 Publie dans les Annales de l'Institut Pasteur, une série de mémoires sur les bactéries sulfureuses, la nitrification et le pléomorphisme bactérien. Reçoit la visite d’Elie Metchnikoff qui vient, au nom de Louis Pasteur, lui proposer d'entrer à l'Institut Pasteur comme chef de service. En mars 1891, se rend à Paris pour rencontrer L.Pasteur.
  • 1891 Désireux de retourner en Russie, où il vient d'hériter d'une propriété familiale et dans le but de contribuer au développement de la microbiologie en Russie, décline l'offre de Louis Pasteur et accepte la place de chef du département de microbiologie générale à l'Institut impérial de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg, nouvellement créé à l'initiative du Prince A. d'Oldenbourg. V.L. Omeliansky et plus tard D.K. Zabolotny sont ses deux assistants. V.A. Fribes sera l'un de ses rares stagiaires ; continue ses travaux sur la nitrification ; étudie la fixation de l'azote atmosphérique et son agent anaérobie (Clostridium pastorianum); étudie la dégradation des pectines en anaérobiose.
  • 1897 Formule ses conceptions scientifiques dans une publication intitulée "Sur le rôle des microbes dans le cycle général de la vie"
  • 1903-1905 Prend la direction de l'Institut impérial de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg ; est élu président de la Société de microbiologie et devient membre du Conseil médical de l'Empire.
  • 1902 Devient membre correspondant de l'Académie des sciences, Paris.
  • 1904 A la demande du Prince A. d'Oldenbourg, qui souhaite établir en Russie un laboratoire de lutte contre la peste, se rend en mission à l'Institut Pasteur de Paris, où Emile Roux lui remet les cultures et le matériel nécessaire à la fabrication de sérum. De retour en Russie, dirige la production de sérum dans le laboratoire que le prince a établi dans le fort Alexandre I, près de Kronstadt.
  • 1905-1914 Abandonne temporairement sa carrière scientifique pour se retirer à Gorodok dans la région de Podolie (Ukraine), où il se consacre à l'exploitation des terres de la propriété familiale et à la musique.
  • 1914-1917 Pendant la première guerre mondiale, alors que l'une de ses filles s'est engagée comme infirmière, il s'attache à améliorer la production agricole de son exploitation de Gorodok pour fournir à l'Armée russe nourriture et chevaux ; pendant la révolution, sa maison fut détruite ; part pour Odessa
  • 1920 La guerre civile qui suit la révolution russe le force à se réfugier en Suisse. Il accepte une place de professeur à la faculté des sciences agronomiques de Belgrade.
  • 1922 Répondant à l'invitation d’Emile Roux, il rejoint l'Institut Pasteur et prend la responsabilité de la nouvelle filiale de Brie-Comte-Robert, consacrée à l'étude de la microbiologie du sol.
  • 1925 Célébration du bicentenaire de l’Académie des Sciences d'URSS, 1725-1925
  • 1925-1941 Entreprend la rédaction d'une série de 10 mémoires, publiés dans les Annales de l'Institut Pasteur, sur la microbiologie du sol ; propose une méthode directe d'identification des microorganismes du sol par microscopie ; applique la méthode originale des gels de silice à l'étude de la microflore du sol ; fait apparaître l'intérêt de l'étude écologique des microbes du sol dans leur milieu naturel complexe ; poursuit des recherches sur les agents fixateurs de l'azote atmosphérique, symbiotiques ou non symbiotiques, sur le pouvoir fixateur des terres, la dégradation de la cellulose et la synthèse de l'ammoniaque par les Azotobacter ; il est à l'origine d'une nouvelle discipline scientifique, la microbiologie écologique
  • 1949 Selman A. Waksman aide à publier ses oeuvres, grâce au soutien de la Fondation Rockefeller.
  • 1952 Dans un dernier travail, publié dans les Annales de l'Institut Pasteur, il révise la nomenclature des espèces bactériennes.
  • 24/02/1953 Décès à l'Institut Pasteur de Brie-Comte-Robert.

Publications en collaboration avec : V.Omeliansky, V. Fribes, J. Zimieska, Helen Winogradsky.

Références bibliographiques
  • Waksman (Selman A.), "Sergei N. Winogradsky - His life and work", Rutgers University, New Jersey, 150 p., 1953.
  • s.a., "Serge Winogradsky (1856-1953)", Annales de l'Institut Pasteur, t. 84, 1953, p. 667.
  • Robert Courrier, "Notice sur la vie et l'oeuvre de Serge Winogradsky" ; conférence faite à la séance annuelle de remise des prix, Académie des Sciences, Institut de France, 38 p., Paris, 10/12/1956
  • Zavarzin G.A., "Les trois vies du grand microbiologiste : l'histoire documentaire de la vie de Sergeï Nicolaevitch Winogradsky", 240 p., URSS, 2009