• Référence : Annales de l’Institut Pasteur, T.12, N°10, pp. 625-687
  • Titre : « La propagation de la peste »
  • Date : Octobre 1898
  • Photo. / auteur : Paul-Louis Simond
  • Légende : Première page d’un article publié
  • Résumé : Paul-Louis Simond enquête sur l’origine des épidémies de peste survenues de 1893 jusqu’en 1898, d’abord en Chine puis en Inde. Il apparaît que ce sont des caravanes de muletiers allant et venant le long de la frontière chinoise (Yunnan, Quang-Si) qui ont apporté la peste en 1893 à Long-Tcheou, Pakoï, HongKong. L’importation de la peste à Bombay trois ans plus tard a probablement eu lieu par mer à partir du port de HongKong. L’épidémie de Bombay a évolué en deux phases successives jusqu’en 1898 et s’est vite propagée à d’autres villes indiennes. En Inde depuis sa première apparition à Bombay, la peste a envahi les côtes et l’intérieur du pays par voie de mer et aussi de terre. En comparant les épidémies déclenchées par des cas « importés » ou par des cas « indigènes », l’étude épidémiologique révèle que l’homme n’est pas indispensable à la propagation du fléau de l’homme à l’homme. Des agents, autres que l’air et l’eau, sont capables de transporter le bacille de la peste et de disséminer l’épidémie : le rat. L’épidémie des rats (dans les dépôts de grains notamment) précède généralement celle des habitants et la mortalité humaine suit régulièrement la voie tracée par l’émigration et la mortalité des rats pestiférés dans les villes et villages alentour. En outre, P.-L. Simond donne des exemples de dissémination du fléau par voie maritime. Les rats pestiférés embarqués sur les navires marchands en sont responsables, malgré les mesures de garantis édictées à la conférence de Venise en 1897. Contrairement aux conditions d’hygiène déplorables dans les hôpitaux « indigènes », celles, bien meilleures, des hôpitaux européens permettent de réduire le risque de contagion humaine. L’influence saisonnière sur l’épidémie des rats est peu marquée. La raison de la recrudescence de l’épidémie chez l’homme après des périodes d’accalmies, où l’on observe qu’une partie des rats sont atteints d’une forme bénigne de la maladie, reste indéterminée. Parce que le rôle du rat ne suffit pas à éclairer tous les points mystérieux de l’histoire de la peste, P.-L. Simond conduit une série d’expériences, afin de découvrir le mécanisme de transmission de la bactérie. Il rend compte de ses résultats, ainsi que de faits d’observation clinique en faveur de la transmission parasitaire. Ces résultats confirment l’inoculation du bacille pesteux au rat et à l’homme par les puces. Enfin, quelques pistes pour l’organisation de la prophylaxie de la peste sont proposées : désinfection des objets et des maisons, mesures de quarantaine, extermination des rats sur terre et sur mer. Ces mesures sont dirigées contre les trois facteurs de la peste : les parasites, l’homme et le rat.
  • Mots-clé : Origine de la troisième pandémie de peste observée en Asie intérieure ; Bombay ; rôle du rat dans la propagation de la peste par terre et par mer ; recherches sur la transmission ; observations cliniques ; puce ; durée d’incubation de la peste ; prophylaxie
  • Permalien : Document consultable en PDF à télécharger https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5835949n/f1.image
  • Crédit : © BNF / Institut Pasteur